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BUDGET PARTICIPATIF ou POUDRE AUX YEUX ?



Alors que la municipalité fait fi de l’avis des citoyens sur nombres de projets : aucune réunion publique pour expliquer le projet du Clos des Cèdres ou de la piscine couverte, ou encore le goudronnage de la place de la République sans aucune concertation, la voici qui parle désormais de budget participatif.

Cette annonce laisse perplexe et nous amène à nous poser au moins trois questions :


La méthode : effet d’annonce ou politique de fond ?


Le montant mobilisé, en apparence non négligeable (300 000 €), peut laisser supposer qu’une démarche de fond s’engage. Il est dans le même temps dérisoire selon le nombre et la qualité des projets qui émergeront.

Par ailleurs, si le champ des projets éligibles semble être précis en première lecture (cf. ci-dessous), il est en réalité très large et propice à une accumulation de propositions hétéroclites qui, pour bon nombre d’entre elles risquent d’être en réalité l’expression d’insatisfactions très ponctuelles et individuelles à l’égard de missions courantes de la municipalité plutôt que de projets venant réellement enrichir la vie locale et de nature à vraiment mobiliser la contribution active des citoyens.


Ainsi, sur la page Facebook de « Pour Saint-Rémy », voit-on fleurir de premières propositions qui mêlent le goudronnage de voies publiques, le comportement de la police municipale à l’égard des habitants, la création d’un parking, l’ajout de nouvelles caméras de vidéosurveillance, le développement de la culture provençale…


Or, un rapide tour d’horizon des collectivités ayant conduit des politiques de concertations démontre que leur gestion doit s’inscrire dans une méthodologie précise. Il est nécessaire de faire preuve d’une véritable pédagogie autour de ce projet, qui orienterait à minima vers des thèmes, des lieux ou des publics spécifiques et offrirait un cadre aux propositions, sous peine de décevoir et de s’engager dans quelque chose d’ingérable, voire de très démagogique et d’arbitraire dans le choix des projets retenus.


Un véritable projet de concertation, sincère dans son esprit et ses objectifs, aurait dû, pour créer une véritable dynamique de concertation :

- Annoncer s’il s’agit d’une opération ponctuelle pour la seule année 2021, donc une opération de communication, ou bien une initiative destinée à être pérenne, répondant à un choix politique de fond,

- Procéder en plusieurs étapes, la première consistant à solliciter l’avis des Saint-Rémois sur un thème qu’ils jugeraient pertinent et surtout qui serait partagé et contribuerait à la qualité du « vivre ensemble » : un public privilégié (ex. les jeunes), ou l'espace public (ex. Renforcer la convivialité au sein des arènes Barnier ou aménager certaines places publiques pour en faire des lieux de rencontres entre les Saint-Rémois (idée : grands jeux tels les échecs ou les dames, associé à des objets urbains tels des bancs, de l’eau, etc.) etc.

- Sur la base de ce thème, lancer un appel à projets citoyen et soumettre les propositions au vote plus large, ces votes étant alors émis sur des bases claires et non entre des carpes et des lapins.


Il est dit par ailleurs que "Début 2022, les propositions seront analysées par les services de la ville qui s’assureront de leur recevabilité administrative et de leur faisabilité technique ».

L’aspect financier du choix est totalement exclu. Il est pourtant essentiel que la ventilation proposée soit extrêmement claire : combien de projets, quel montant maximum pour chacun ?


Extrait du texte publié sur le site de la mairie :

« Tous les sujets de la vie quotidienne dans la mesure où ils relèvent de la compétence de la commune : éclairage public, jeux d’enfants, sport, loisirs, nature, mobilier urbain, aménagement d’espaces publics, transition écologique… ».

« Toutes les idées et suggestions des habitants de Saint-Rémy seront les bienvenues. Elles devront toutefois, respecter certains critères dont, entre autres : relever des compétences de la collectivité, être localisées sur la commune, respecter l’intérêt général et les exigences de développement durable… »



L’esprit du projet : un véritable objectif de pédagogie de la concertation ou illustration des limites de celle-ci ?


Il est dit par le premier adjoint, Yves Faverjon, en charge de cette initiative qu’elle permettra aux habitants "de se confronter à la réalité du terrain, aux contraintes parfois contradictoires qui se posent aux décideurs, au respect des règlementations, ainsi qu’à l’avis de ses concitoyens. »

Louable intention qui, si elle s’inscrit bien dans un projet de fond, devrait intégrer dans sa démarche un aspect essentiel du rôle des décideurs : le choix des objectifs, l’arbitrage entre le champ des possibles.

Or, le projet présenté fait l’impasse sur cet aspect essentiel qui devrait justement s’exprimer en amont par le choix du thème annuel, lui-même accompagné par des réunions préalables animées par la responsable qui a été recrutée.


Cette initiative et la concertation en général : à la place de ou bien en plus ?


Cette initiative est présentée comme "une alternative aux simples conseils citoyens ».

Le terme employé « simple conseils » est très parlant du cas qui en est fait par la municipalité et conduit à se poser une question de fond : cela signifie-t-il que les autres instances de consultation ne sont plus d’actualité ? Ou considérées comme moins pertinentes ?

Cela signifie-t-il que les citoyens ne sont pas concernés par d’autres décisions structurantes de la vie locale ?


La participation citoyenne devrait permettre de donner un second souffle à la démocratie, alors même que le taux d'abstention aux élections atteint des records, comme le dit le premier adjoint lui-même.

Or dans le cas présent, la mise en place d’un budget participatif n’est qu’un élément isolé. Il apparaît davantage comme une instrumentalisation de la démocratie participative à des fins électoralistes plutôt qu’à une réelle volonté de fond d’associer les Saint-Rémois aux décisions




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